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MON CARNET DE CAMPAGNE
1500.
Nous étions hier 1500 au plateau des Glières pour honorer, dans la dignité, la sérénité et hors de toute récupération politique, la mémoire de la résistance. Une mémoire concrète, vivante, dont les résistants présents ont su nous faire passer l’émotion, la force. Une mémoire qui rappelle que l’héritage du conseil national de la résistance, fait de solidarité, de fraternité, de service public et de sécurité sociale, est un contre-pieds total à
On peut faire des célébrations qui transcendent les clivages, cela n’empêche en rien de voir dans le renoncement libéral une idée bien éloignée du principe de résistance.
Plateau des Glières. Un lieu, des hommes et des femmes, souvent jeunes, qui tiennent tête à l’ennemi. Beaucoup y meurent, mais la preuve est faite que l’on peut s’opposer à la toute puissante armée allemande. Acte fondateur d’une résistance qui rangera la France dans le camp des vainqueurs.
Les nouvelles générations, qui n’ont pas connu directement la guerre, se questionnent : qu’aurais-je fais face à un tel choix ? Qui aurais-je été ? Et la résistance perd prise lorsque l’ennemi s’est dérobé, est devenu insaisissable, lorsque l’idée s’enracine qu’il aurait disparu. Toute les résistances ne se valent pas. Quotidiennement pourtant, la résistance nous appelle : par un acte d’achat, par une parole de vérité, par un vote qui refuse la fatalité libérale. En ce qui me concerne, par une exigence dans la pratique politique. Paraphrasons Bollardière lorsque, général de l’armée française, il refusait de torturer en Algérie : la tentation à laquelle ne résiste pas une partie du personnel politique de notre pays de considérer certains procédés comme une méthode normale pour récolter des suffrages doit être rejeté sans équivoque et ces procédés rejetés formellement.
Pour cette raison, au moins, soyons nombreux au Plateau des Glières, ce dimanche, pour dire non au détournement des symboles.
On dit de l’élection présidentielle qu’elle aurait marqué un sommet de la personnalisation politique : le vote serait plus le choix d’un homme que d’un projet. Si l’aptitude à convaincre, la pédagogie du nouveau président l’ont fait élire, qu’en est-il de son projet ?
On nous promet par exemple une baisse de 4 points du taux de prélèvements obligatoires (PO). Impôts, taxes, cotisations sociales représentent aujourd’hui en France 44% de la richesse (au sens du PIB) soit, contrairement à ce qui fut dit mercredi dernier devant 20 millions de français, le 5ème rang européen.
La baisse promise est impossible. Symbole de la brutalité libérale, la politique de M Thatcher s’était accompagnée en son temps d’une baisse de deux points des PO, et à quel coût social ! Une rupture deux fois plus sévère est simplement inconcevable.
Et c’est heureux…On en oublierait presque que les PO ne sont pas plus une confiscation qu’une destruction de richesses. Ils sont l’outil de la redistribution. Ceux qui sont sûr de ne jamais être à la retraite, chômeur, malade, parents…peuvent voter UMP en toute tranquillité.
Sébastien MONTESSUIT
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